Diffusée sur TF1 du 02 septembre 1987 au 30 août 1997, le Club Dorothée était une émission jeunesse et familiale. Composée de séquences en plateau encadrantt des dessins animés et des séries, elle était présentée par 5 animateurs qui proposaient sketches, jeux et chansons. La particularité du Club Dorothée, c'est qu'il porte le nom de son animatrice en chef, la star des enfants de cette époque : Dorothée. Chanteuse, comédienne et donc animatrice, elle a officié pour les "copains" à la télévision pendant plus de 20 ans, avec de nombreuses heures de programmes par semaine. Notamment le mercredi dont l'après-midi était le "prime-time" des programmes jeunesse, avec une grande émission en direct. L'émission développe aussi beaucoup l'intéractivité, demandant aux jeunes de choisir leurs programmes et chansons préférés, par le biais du courrier ou du minitel... Retour sur une épopée télévisuelle.

 

 


Dire que le Club Do' est né dans la douleur est presque un euphémisme ! En plus d'un transfert de chaîne qui fît grand bruit, ce mercredi 2 septembre 1987, les soucis techniques n'ont pas épargné les animateurs de la nouvelle émission destinée à la jeunesse, sur la fraîchement privatisée TF1. Que cela soit le matin dans Dorothée Matin ou l'aprés-midi dans le Club Dorothée, les problèmes de son, de magnétos, un décor non-terminé et parfois le trac de Dorothée et de ses complices ont fait démarrer l'émission en fanfare. Pourtant elle n'est pas nouvelle en télévision cette équipe. Et les jeunes téléspectateurs les connaissent bien...

 

 

Le Départ de Récré A2

Quelques mois plus tôt, ils officiaient encore sur le service public, sur Antenne 2, dans l'émission jeunesse Récré A2 et cela depuis 10 ans, avec un succès incontestable. Téléspectateurs et critiques plébiscitent l'émission, éducative et divertissante, produite par Jacqueline Joubert. Mais Francis Bouygues et Etienne Mougeotte, nouveaux patrons de TF1 décident de faire appel à Dorothée pour animer les cases jeunesse de leur chaîne. Et lui offrent un pont d'or : le poste de conseillère aux programmes jeunesse ainsi que des centaines d'heures de programmes par an (600 pour commencer), toutes les cases destinées aux enfants lui revenant. Devant une telle proposition, difficile de dire non. Les négociations commencent donc entre TF1, Dorothée, et AB Productions avec qui celle-ci souhaite travailler pour la production éxécutive du programme. Jacqueline Joubert "sa seconde maman" de télévision, à qui AB a fait la proposition de les rejoindre doit également être de la partie, mais un écho paru dans le Parisien annonce Dorothée sur TF1 mais ne mentionne pas Jacqueline Joubert... Pensant avoir été trahie et que l'équipe a conclu sans elle, elle prend position contre son animatrice et son départ vers la chaîne privée. Pire, elle décide de l'évincer de l'antenne le plus rapidement possible, nous sommes alors fin mai 87. Dorothée tourne sa dernière de Récré A2 mais ne le sait pas, elle est d'ailleurs filmée le moins possible sur ordre de Mme Joubert (1). Dorothée est licenciée le 02 juin, par télégramme et est remplacée par Marie Dauphin et Charlotte Kady dès le 03 juin... Dorothée n'aura pas eu le temps de dire "au revoir" à ses copains de Récré A2.

 

L'Arrivée sur TF1

Pour ses nouvelles émissions, Dorothée et TF1 s'entendent donc pour que la production soit assurée par les équipes d'AB Productions. Partenaires de la chanteuse jusque là, Jean-Luc Azoulay et Claude Berda se lancent donc dans la production télévisuelle avec un défi de taille, produire 7 heures d'émissions par semaine. Jusque là, leur seul bagage télévisuel est la collection de clips "Le Jardins des Chansons" pour A2 et quelques captations des spectacles de la chanteuse. Pour réussir, ils débauchent la majeure partie des équipes artistiques de Récré A2 hormis Cabu, Alain Chaufour et quelques autres, qui refusent de céder aux sirènes de TF1. En revanche, le réalisateur Robert Réa les suit dans cette aventure ainsi que les animateurs de choc de Récré A2 : Ariane Carletti et François Corbier en tête. Jacky, parti sur la Une un an auparavant pour présenter Vitamines, rejoint son amie Dorothée et enfin Patrick Simpson-Jones sera le cinquième animateur. Il a lui-même présenté Récré A2 avec Dorothée au début des années 80, tous les deux se connaissent donc très bien. Pour se mettre en jambe, début septembre 87, ils tournent même un mini-feuilleton dont ils sont les protagonistes : Un Ami qui sera diffusé dans le Club les semaines suivantes. Il est réalisé dans le bâtiment 233 des Studios de France, dans ce qui sera le studio d' AB jusqu'a la fin de la construction des studios définitfs par Bouygues BTP.

 

87 / 88 Les Débuts


La principale angoisse de cette rentrée 87 est de savoir si les enfants suivront leur copine sur la première chaîne dans un contexte concurrentiel fort (Récré A2 et Youpi étant les principaux rivaux). Les mesures d'audience existent depuis peu à l'époque mais démontrent que le pari est réussi, les jeunes téléspectateurs regardent désormais TF1 (Téléstar du 14/12/87 annonce 13 % d'audience contre 6% pour A2, des chiffres à prendre avec précaution car trop faibles alors qu'il n'y a que 5 chaînes, en revanche le rapport du simple au double doit sûrement être exact.). Les émissions jeunesse de cette première saison sont toutes labellisées Dorothée. En effet, elles se nomment Dorothée Matin, Dorothée Samedi, Dorothée Dimanche et Club Dorothée pour l' après-midi.

 

 

 

Les premières sont comparables, dans l'ambiance, à ce que faisait Récré A2. Il y a un dessinateur, Gébédé, une rubrique sur le sport, sur les enfants malades en difficulté, mais aussi évidemment des chansons ! Et puis il y a les dessins animés ! Il faut dire que les débuts sont assez compliqués, comme Jean-Luc Azoulay l'explique " Quand on est arrive sur TF1, tous les stocks de dessins animés internationaux avaient été achetés par Berlusconi pour la 5, au niveau européen. On avait rien. On avait les vieux stocks de dessins animés de TF1" (2).

 

Pour pouvoir alimenter les cases de Dorothée, AB va donc commencer à se constituer un catalogue de programmes et par là même, devenir distributeur de ces programmes. Du coup, Candy et Goldorak, symboles de Récré A2 font leur entrée sur TF1, rachetés par AB en intégralité. Faute de nouveautés autant tabler sur des valeurs sûres. Il y a tout de même du neuf, et de taille : Bioman ! Le premier des sentaï proposé en France remporte un vif succès !

 

Enfin une grande inconnue pour Dorothée et sa bande fais son apparition : la publicité, et il faut dire qu'elle ne va pas se faire prier vu le succès populaire de l'émission. Elle est d'ailleurs annoncée comme le moment le plus attendu de l'émission par Jacky dans la première !

Durant quelques semaines, l'émission cherche ses marques mais rien n'entrave sa montée en puissance. L'émission a l'attrait du neuf. Chacun de ses animateurs est supposé avoir un domaine de prédilection : Ariane est au courrier, Patrick aux infos et aux gadgets, Corbier est le poète et Jacky s'occupe des variétés. Il fait d'ailleurs naître le Jacky Show une semaine après le Club Do.

Pour les vacances de la Toussaint 87, Dorothée officie tous les après-midi dans le Club. Fin novembre, Dorothée est finalement nommée Directrice de l'Unité Jeunesse de TF1. Elle porte désormais une double-casquette, celle de cliente et de prestataire. Elle n'est certes pas salariée d'AB Télévision, mais lui commande des émissions dont elle est l'animatrice. A TF1, elle sera assistée de Guy Paquette notamment, qui se charge de la coordination avec la chaîne. En effet, celle-ci lui confie de plus en plus d'heures d'antenne (tous les matins et après-midi pendant les vacances). Les programmes qu'elle et AB proposent remportent le suffrage du public, le Club fait le double d'audience de Récré A2 et celle-ci ne cesse de croître. Pour assurer ces heures de programmes, Dorothée et AB mettent à l'antenne dès le printemps 88, des animés japonais qui participent à l'envol de l'émission : Dragon Ball en mars et Les Chevaliers du Zodiaque en avril. Si le succès est encore mitigé pour le premier, c'est un carton pour Seiyar et ses compagnons.

 

 

La première saison se termine donc plus que bien, avec les nouveaux studios inaugurés au printemps et finalement 1200 heures de programmes produites pour TF1, soit le double de ce qui était prévu.

 

 

 

Le 10 mai 88, Dorothée Matin s'installe tous les matins à 7h20 pour 1h de programme en plus. L'équipe connaît "l'appétit d'antenne" comme le dit Jean-Luc Azoulay, ils étaient en "en flux tendu, il fallait alimenter l’antenne, sans arrêt, sans arrêt, sans arrêt" (2). Été 88, alors que les émissions sont toutes regroupées sous le nom Club Dorothée, Dorothée et AB s'envolent pour le Japon en août avec pour objectif de revenir avec les mains pleines de nouveaux dessins animés (et de tourner dans quelques séries nippones : Giraya, Liveman et Mask Rider). AB achète le tout par package et c'est ainsi que Lamu, Dr. Slump, Georgie ou encore Juliette Je t'aime et le fameux Ken Le Survivant débarquent sur TF1 à la rentrée 88. Le succès ne fait que se confirmer.

 

88 / 91 : Le succès, et ses revers

 

Mais il se paye ce succès, et dès 1988. Quelques semaines après l'arrivée en masse des animés japonais, les premières voix s'élèvent contre la violence supposée de ces derniers. Catherine Tasca, membre de la CNCL (ancêtre du CSA) en tête, emboîtée par certains médias (Télérama, Libération, L'Humanité). Un débat qui ne se calmera jamais vraiment. Il s'agit aussi par le biais du Club de taper sur TF1, devenue l'ennemie numéro 1. Dorothée devient malgré elle un des symboles de la télé commerciale. Pour Télérama, "faire du Foucault ou du Sabatier pour les enfants n'est pas une solution" (7).

 

 

 

Mais il faut dire que l'équipe d'AB a des torts, elle a acheté des programmes qui sont pour certains produits pour un public de jeunes adultes au Japon : Ken le Survivant, Cherry Miel etc... et les diffuse indifféremment dans des cases regardées par des 4-14 ans. La violence de Ken le Survivant provoque l'ire des parents qui demandent à faire retirer le dessin animé. Du coup, ce sont les enfants qui se plaignent et demandent le retour de Ken. La chaîne et AB décident donc de programmer l'animé mais en censurant toutes les scènes ou images jugées difficiles. Selon Pierre Faviez (2), on retrouvera un épisode de Ken le Survivant avec 99 coupes "psy". Une politique qui deviendra vite automatique pour tous les animés, à tel point que même les adaptations des dialogues de certaines séries seront largement édulcorées (dans Nicky Larson par exemple) et que certaines séries seront censurées avant même le doublage (Sailor Moon, DBZ), au risque de dénaturer les oeuvres.

 


Par ailleurs, on reproche également au Club Dorothée de ne pas suffisamment éduquer les enfants, voire même de les abêtir. Pourtant, le postulat est clair, l'émission et l'animatrice n'ont jamais eu pour ambition de remplacer professeurs ou parents, elle le répétera à longueur d'interviews. Les 5 animateurs sont là pour faire les clowns et divertir les enfants. Une tâche que Corbier ne renie pas, loin de là, pour lui "malgré ce que peuvent dire certains, c’est bien de faire le clown. Faire rire un enfant, c’est peut-être ce qu’il y a de plus beau"(1). Et l'équipe s'y emploie, tournant plus de 13 heures par jours parfois, entre tartes à la crème, seaux d'eau ou autres sketches absurdes pour Pas de Pitié pour les Croissants !

 

 

Les mois passent, et 1989 arrive. Les critiques ne se calment pas vraiment. Une première salve sur la violence à la télé est lancée par Ségolène Royal dans Télé 7 Jours en janvier, Dorothée y répond en mars... Est en cause également le côté commercial du Club, auto-promotion des disques AB, des stars de TF1, et publicité étant omniprésents. Le placement de produits, comme on l'appelle aujourd'hui, était fréquent. Des Musclés nommés ainsi pour promouvoir la marque Fruité (voir photo ci-dessous), dont le slogan était "C'est plus musclé !" et que Dorothée devait dire le plus souvent possible à l'antenne, à Papi Brossard dont le goûter était célébré tous les mercredi après-midi, sans oublier JouéClub qui offrait tous les cadeaux des jeux de l'ABC ou du Tu Chantes, Tu Gagnes... L'avantage de ces pratiques étant qu'effectivement, il y avait beaucoup de cadeaux des sponsors à faire gagner aux enfants en contre-partie de cette publicité incoryable ! La CNCL gronde et finit par imposer des quotas de diffusion d'oeuvres françaises et européennes, exige aussi de la chaîne qu'elle produise des programmes français pour les enfants et réglemente le parrainage sur les chaînes télé.

 

TF1 décide donc de mettre un pet d'eau dans son vin, d'investir 16 millions dans la création, de respecter les quotas et pour donner le change, réduit les plages horaires du Club Dorothée. La case du tôt-matin disparaît à la rentrée 89 et est remplacée par Avant l'école non produit par AB. Les dessins animés sont français ou européens (Pif et Hercule, Rahan, ...). En parallèle, naît la première émission dérivée du Club Dorothée : le Club Mini, pour les tout-petits. Chez AB, on y va toujours de ses ciseaux pour censurer toutes les scènes susceptibles d'être considérées comme choquantes. Finalement c'est un débat entre adultes, comme le disent Jacky et Ariane, "l'émission est critiquée par des journalistes qui ne la regardent pas, et qui ont entendu dire que..." (1). D'autant que les dessins incriminés ne représentent qu'une très petite partie de tous ceux diffusés dans l'émission ! En face de cela, Le Collège Fou Fou Fou, Les Popples, Georgie, Les Attaquantes, sont difficilement taxables de violence.

 

Pourtant, en octobre 89, Ségolène Royal relance à nouveau la polémique (utilisant le filon ?) en publiant "Le ras le bol des bébés-zappeurs", où elle fustige la "violence" de Bioman (sic) ou "les dessins animés japonais bas de gamme" qui ne sont que "coups, meurtres, têtes arrachées, corps électrocutés, masques répugnants, bêtes horribles, démons rugissants. (...) La peur, la violence, le bruit. Avec une animation minimale. Des scénarios réduits à leur plus simple expression." (3) Dorothée, en prend aussi pour son grade : "Celle-ci, au nom même de ses intérêts bien compris, ne devrait-elle pas rendre de comptes aux millions d'enfants dont elle exploite la confiance?" L'attaque est sévère.

Il faut noter que les critiques sont elles mêmes quelque peu contradictoires. Ségolène Royal dénonce le fait que les dessins animés n'apportent pas plus de "douceur" et de "poésie" aux enfants, elle regrette "la télévision d' « avant » aux règles simples. Il y avait les gentils et les méchants. Et, en général, le gentil, le héros, tuait moins que les autres. Il gagnait aussi parce qu'il était le plus malin." (3). De son côté Télérama, reproche justement au "japoniaiseries" d'y "rencontrer toujours les bons au grands coeurs, injustement victimes d'affreux méchants qui finissent pas recevoir une bonne leçon." (4)

 

1989 est aussi l'année de 2 lancements importants, le Club Dorothée Magazine (qui deviendra le Dorothée Magazine) paraît pour la première fois le 26 septembre, il sera tiré a plus 150 000 exemplaires chaque semaine ! Et en décembre c'est le premier épisode de Salut Les Musclés, toute première sitcom d'AB. La production de cette série permet de produire et diffuser "français" dans les cases jeunesse, et de remplir les quotas. La chaîne ne mise pourtant pas grand chose sur ce nouveau format. Elle préfère contenir le "monopole" qu'elle a elle-même octroyé à AB sur les cases jeunesse, en raflant à FR3 le contrat avec Disney pour la mise en place du Disney Club tous les dimanches matin. En effet, Disney compte ouvrir EuroDisneyland au printemps 92 et cherche une réelle vitrine médiatique. Et cela commence donc dés janvier 90. L'émission présentée par 3 animateurs, Julie, Nicolas et Philippe aura même sa version estivale Disney Club Été dès juillet 90.

 

 

 

Pour Dorothée et son équipe, l'été 90 est celui des premières vacances au bout du monde, en Guadeloupe. Sahara, le dromadaire extra-terrestre leur confie leur première mission : sauver le monde ! Ils s'y emploieront très souvent lors des 7 prochaines années . Corbier, quant à lui, a quelques déboires avec TF1 qui ne veut plus de sa barbe touffue...

 

 

 

 

De son côté, pour contrer les détracteurs, Jean-Luc Azoulay (alias Jean-François Porry) use de diverses techniques : parodies, chansons, et sketches. Ariane dans Pas de Pitié Pour les Croissants découvrira un livre avec écrit en gros sur la couverture Ségolène Royal dans une poubelle, elle l'y laissera... Mais aussi la vache amie de Sahara, le dromadaire, aura la joie de se prénommer Ségolène... Jacky et Patrick étaient déjà Marotte et Charlie, parodie de Marie et Charlotte qui animaient Récré A2 en 87-88. Les Musclés recommandent le "fouet pour Eric et Noëlla", les nouveaux animateurs d'en face. JLA écrit aussi pour Dorothée des chansons-réponses (La Maison du Bonheur...). Rien n'est laissé au hasard.

 

Des décisions sont aussi prises afin de calmer le jeu, Ken le Survivant est supprimé à la rentrée 90, au bout de 84 épisodes (sur plus d'une centaine en tout). Il faut dire aussi que TF1 est très mal vue par le CSA qui n'hésite pas la sanctionner. Pour avoir diffusé "des scènes de violence et de sadisme dans des émissions pour enfants" les 5 décembre 1990 et 3 janvier 1991, en l'occurrence dans Dragon Ball Z et SuperBoy (5), le CSA ordonne de TF1 des excuses via un communiqué à l'antenne juste avant le 20 heures le 28 mai 91. Rien de cela n'arrange les affaires de la chaîne ou d'AB. Ceux-ci annoncent la constitution d'un pool de psychanalystes, sous la direction de Catherine Grandcoing (4) qui visionneront tous les épisodes de tous les programmes qui seront diffusés dans l'émission. La même année, La Cinq recrute un des animateurs du Club Do, Patrick Simpson-Jones, pour animer un jeu sur son antenne. Dorothée, Ariane, Jacky et Corbier restent fidèles à TF1..

 

A l'antenne, la production a encore une idée qui fera mouche, elle crée un véritable Club Dorothée, dont les téléspectateurs peuvent devenir membre. Totalement gratuit, en envoyant simplement une enveloppe timbrée, le nouveau membre reçoit sa carte, et bénéficie de nombreux avantages, dont des cadeaux "plus" lors des jeux, la possibilité d'assister à l'émission en priorité, et d'aller voir Dorothée et les stars AB en coulisses après les concerts. Et surtout, à la fin de chaque émission, les membres dont c'est l'anniversaire se voient souhaiter leur anniversaire par toute l'équipe et peuvent regarder leur noms défiler à l'antenne. Corbier l'explique très bien : "au début, y’avait un milliers d’enfant qui ont écrit “Aaah on veut la carte !” Et puis la semaine d’après ils étaient 5000, puis 10 000, puis 50 000, je ne sais pas combien de cartes on été faites, mais c’était colossal ! On a même embauché des gens pour s’occuper de ces cartes !" (2). Au final, le Club comptera 700 000 membres au terme de l'émission, gagnant près de 100 000 membres chaque année.

 

A Noël 90, Sophie et Virginie, premier dessin animé co-produit par AB, arrive enfin sur le petit écran. Il sera suivi un an plus tard des Jumeaux du Bout du Monde, mais aussi dès septembre 91 du Club Sciences et de Terre Attention Danger, émissions éducatives sur les sciences et le technologie pour l'une et sur les animaux et l'écologie pour l'autre.

Autre changement amorcé, la place des animés japonais est un peu réduite, ce sont les sitcoms américaines qui débarquent en masse dans les grilles du Club notamment l'après-midi pour un positionnement plus familial de l'émission. Vu le succès de Salut Les Musclés (ou de Sauvés par le Gong dans Giga), le genre sitcom a de beaux jours devant lui. Arnold et Willy, Punky Brewster, Ricky ou la Belle Vie vont accompagner les après-midi du Club Do' des saisons durant...

Côté audiences, la pression est forte. "Il fallait que ça marche, et si ça marchait pas on posait les problèmes et on rectifiait pour que ça marche. Des qu’on descendait sous les 39% de parts de marché, on avait réunion d’urgence à TF1 et puis il fallait qu’on trouve pourquoi. Régulièrement, tous les 2-3 mois. Et on arrivait à remonter." confie Jean-Luc Azoulay sur cette époque (2).

La concurrence est assez rude sur la période 89-91. Après l'arrêt de Récré A2 en juin 88, qui n'a survécu qu'une saison après le départ de Dorothée, la chaîne installe un an après, Eric Galliano à la rentrée 89 avec Eric et Noëlla, qui deviendra rapidement Eric et Compagnie puis enfin Eric et Toi et Moi. Le jeune présentateur est accompagné de programmes forts récemment achetés par la chaîne : Jeanne et Serge, Les Tortues Ninja, Alf ou encore les Les Merveilleuses Cités D'or. Et il donne du fil a retordre au Club de TF1, le mercredi matin, oscillant autour de 25% de pdm sur l'ensemble du public et grimpant jusqu'a 30% sur les 6-14 ans. Le Club Do est toute de même leader et devance Antenne 2 d'une quinzaine de points entre 35 et 40% de pdm (et 10 de plus sur les 6-14 ans).

Eric et ses émissions se fatigueront et termineront aux alentours de 20% de pdm en 92. La relève, Hanna Barbera et Pince Moi, Je Rêve ne dépassera jamais les 20%. Dorothée se stabilise à 45% (soit 1,2 millions de téléspectateurs en moyenne). En parallèle sur La Cinq, Youpi ! grignote aussi des parts de marchés. Même si la chaîne n'est pas reçue comme une grande chaîne nationale, ses cases jeunesse font tout de même partie de ses meilleures scores, environ 15% de pdm sur l'ensemble du public mais sur les enfants de 6 à 14 ans, Youpi ! peut monter à tout de même à 25%. En revanche le mercredi après-midi, aucune émission ne fait le poids face au show du Club, et elles se font largement battre par TF1 (18% pour Antenne 2... contre 45 à 50% pour Dorothée).

 

 

Pour les après-midi en semaine, Giga est un concurrent sérieux quand il propose des séries populaires : Les Années Collège, Sauvés par le Gong ou la Fête à la Maison permettent à l'émission de frôler les 30%, sinon elle retombe aux alentours de 16%.

 

 

Pendant ce temps, Dorothée, la chanteuse, cartonne. Avec son passage sur TF1, elle est devenue une véritable star de la télévision et de la chanson, et ses concerts, de Bercy à la Chine rassemblent plusieurs dizaines de milliers de spectateurs. Le Club la suit pour chaque tournée, en assurant ainsi la promotion à grande echelle. La presse n'en finit pas de questionner cette idole des jeunes, qui reste mystérieuse et se prête peu au jeu de la télévision en dehors de son émission ou de sa chaîne. Elle le fera une fois, chez Thierry Ardisson, dans Double Jeu en mars 92, l'expérience avec Laurent Baffie n'est pas concluante, il finit avec un seau à champagne sur la tête. Le fait qu'il ait distribué ses disques à des enfants dans la rue, en exigeant que les parents paye en retour, ne lui pas beaucoup plu, tout comme le sempiternel "Dorothée n'aime pas les enfants !".

 

 

 

91 / 96 : L'âge d'or, l'expansion et le prix de l'ambition

TF1 renouvelle sa confiance dans le programme, le Club Dorothée avant l'école revient en quotidienne dès octobre 91, tant que je programme cartonne, la chaîne est satisfaite. Les quelques concessions, l'usure de la polémique et le fait que les audiences soient au beau-fixe (entre 40 et 45% de pdm sur l'ensemble du public et jusqu'a 70% sur les jeunes) permettent même à l'émission de reconquérir des heures de programmes. De septembre 91 à début 95, l'émission vit son âge d'or. Elle a opéré un virage éditorial payant, les programmes sont désormais "familiaux", les enfants, les adolescents et les parents peuvent regarder ensemble TF1, avec les sitcoms (français ou américains) mais peuvent aussi participer au Club Dorothée qui devient l'émission "de toute la famille" ! Pour preuve, le tout nouveau Jeu des Parents, qui les questionne et s'ils se trompent les enfants peuvent répondre à leur place. Ou encore le Club Plus qui s'adresse aux adolescents avec au menu stars et sitcoms. Beaucoup d'heures d'antennes donc, une présence tous les jours, des voyages toujours aussi nombreux... Les dessins animés ne sont plus tellement sujets à polémique, si ce n'est Dragon Ball Z qui reste la bête noire de Télérama, le décrivant comme "faisant peur aux parents"... (5). AB et TF1 veulent désormais la jouer profil bas, mais sans sacrifier les programmes qui font le succès de l'émission. La fermeture de la première 5 de Berlusconi en 91 a déjà permis à AB d'en récuperer le catalogue doté de nombreux hits (Olive et Tom, Jeanne et Serge, Lucille Amour et Rock'N'Roll) et de les diffuser au Club. La fermeture définitve de la chaîne en avril 92 permet à Dorothée de récuperer tout le public aficionado des animés japonais.

 

Coté animation, Patrick revient à l'automne 92. Quelques semaines avant le premier Noël de l'Amitié, opération chère à Dorothée et qui consiste à aider les associations caritatives à recevoir de la part des professionnels du jouet des cadeaux pour les redistribuer aux enfants français défavorisés. Trois semaines plus tard, en janvier 93 c'est Des Millions de Copains qui naît. L'émission caritative mettra chaque semaine une association sur le devant de la scène.

 

Côté critiques, Antoine de Caunes (fils de Jacqueline Joubert), en remet régulièrement une couche dans Nulle Part Ailleurs sur Canal +, tout comme les Guignols de l'Info, répandant l'idée que Dorothée n'aime pas les enfants, et ne travaille que pour l'argent... Les Musclés se chargent d'Antoine De Caunes dans leur titre Antoine Daicône, écrit par Jean-François Porry. La presse ne s'en lasse pas et en fait ses choux gras. Une autre critique récurrente concerne les invitations à utiliser le minitel à tout bout de champs qui sont en revanche plus problématiques pour les parents qui se retrouvent avec des factures exorbitantes...

 

 

En 93, AB poursuit le développement des dessins animés français et européens, L'Ecole des Champions, Les Misérables, Les Aventures de Carlos en sont des exemples. Parallèlement, sous la houlette de la nouvelle "unité de programmes jeunesse et familiaux Dorothée" les sitcoms français se propagent en satellite avant, dans et après le Club Do : Premiers Baisers, Héléne et les garçons, le Collège des Coeurs Brisés, le Miel et les Abeilles, Les Filles d'à Côté, pour ne citer que les plus célèbres, permettent à AB de devenir le plus gros producteur français de télévision en volume de programmes, avec un chiffre d'affaires passant de 250 millions de francs en 1988 à 1 milliard de francs en 1993.

 

 

Hélène est propulsée super-star en moins de 6 mois. Les critiques changent un peu leur fusil d'épaule, blâmant désormais la niaiserie des sitcoms et le business AB. Les mercredis après-midi au Club Dorothée sont des grands shows, avec tous les chanteurs d'AB et dance du moment, l'émission fait beaucoup d'auto-promotion pour les sitcoms et leurs héros-chanteurs. Le générique est un long travelling qui se ballade dans tous les décors des séries avant d'arriver sur le plateau gigantesque du Club Dorothée, orchestré comme un prime de divertissement et avec autant de moyens. D'ailleurs entre 91 et 94, 5 émissions de prime-time sont commandées à AB par TF1, Le Cadeau de Noël (91), Le Cadeau de la Rentrée (92), le Dorothée Rock' N' Roll Show (93), et deux Dorothée Réveillon Rock'N'Roll Show (93 et 94). Ces comédies musicales sont inspirées des shows des Carpentiers, Dorothée y recevant de nombreuses vedettes françaises et internationales.

 

1995 va s'avérer être l'année du début de la longue fin du Club Dorothée et d'AB sur TF1. Signe annonciateur, en janvier, la case du tôt-matin est récupérée par TF1, qui y installe A tout' Spip. Dominique Poussier, depuis 93, est directrice d'une seconde unité jeunesse. C'est elle qui sera chargée de la relève, qui viendra un jour ou l'autre. Mais un événement particulier va précipiter la chute du Club Dorothée. En effet, en coulisses TF1 a bien l'intention de faire comprendre à AB qu'elle ne peut impunément faire fortune grâce à elle et venir jouer sur ses plates-bandes. L'événement déclencheur est le lancement d'ABsat, bouquet de chaînes numériques sur le satellite. Azoulay et Berda dans leur volonté de diversification ont l'ambition de devenir eux-même diffuseurs des programmes dont ils ont acquis les droits ou créés au cours des 10 dernières années. Et le satellite est leur opportunité.

Le bouquet ABsat a été lancé en grande pompe en mars 95, deux mois avant TPS. TPS dont l'un des principaux actionnaires est TF1. L'équation est simple, TF1, diffuseur, a acheté des programmes à AB des années durant, leur a permis de se développer à grande échelle, si bien qu'ils peuvent eux-même devenir diffuseurs et donc concurrents. La réaction de la première chaîne privée est logique, tellement logique qu'on peut se demander comment Berda et Azoulay ne l'ont pas anticipé. TF1 n'a aucun intérêt à nourrir un concurrent en lui achetant des programmes. Au contraire.

 

En mai-juin 95, le mercredi après-midi est drastiquement réduit. De 2h30, l'émission passe à... 40 minutes. Soit comme les autres jours de la semaine. Elle est renommée le Super Club Dorothée, pendant lequel les chanteurs AB chantent en direct tous leurs tubes du moment. C'est la première des sanctions que subira le Club. Petit à petit, les plages horaires du Club Dorothée vont se réduire.

 

£Parallèlement la concurrence redouble d'effort Télévisator 2, présenté par Cyril Drevet propose dès le printemps 93, et frontalement au Club, des dessins animés type Zelda et Tiny Toons et surfe sur la vague jeux vidéos avec succès durant sa seule saison d'antenne (93/94), avant que Cyril Drevet ne soit recruté dans l'écurie AB. Sur France 3, les Minikeums eux aussi ont débarqué en mars 93. Les petites marionnettes rencontrent le succès auprès des enfants. Elles rassemblent de 20% à 22% du public sur 93/96 et de 30% à 40% des 4-14 ans ! De son côté le Club Do reste leader sur l'ensemble du public, même en passant de 45% en 92 à 30% en 96, mais perd du terrain sur les 4-14 ans descendant de 60% à 43% sur la même période. En 94-95, France 2 dégaine Maureen Dor le mercredi matin et après-midi dans Chalu Maureen. 22% des téléspectateurs suivent une émission qui semble plus moderne que le Club alors que celui-ci entre tout de même dans sa septième saison, déjà. L'émission lui cède aussi quelques parts de marché mais résiste bien, notamment grâce au phénomène Dragon Ball Z. Maureen jettera l'éponge en décembre 95.

 

Avant cela, en septembre 95, tout semblait revenir à la normale pour les horaires du Club Dorothée. Mais les mercredis après-midi sont réduits au Super Club Dorothée de 40 minutes début janvier 96, et les dimanches matin disparaissent. Puis, les quotidiennes des lundis, mardis, jeudis et vendredis sont purement et simplement supprimées elles aussi à partir de fin mars 96. Le communiqué de TF1 est ambigu. La chaîne confirme que Dorothée, toujours directrice de l'unité jeunesse, bénéficie de la "confiance et de l'affection de la chaîne" et réfléchit "à l'élargissement des programmes de Dorothée à d'autres horaires". L'émission est certes toujours leader sur tous les publics. Les mercredis matin, avec les Héros dans la Ville, fonctionnent très bien et donnent l'image d'une émission proche de son public pendant que les quotidiennes en après-midi font voyager les téléspectateurs et leur font découvrir les capitales d'Europe ! A la fin de la saison 95/96, l'un des 3 Héros prend son envol, discrètement, vers Miami : Patrick Simpson-Jones quitte définitivement l'émission.

 

 

96 / 97 : La Fin d'une Époque

Le contrat "jeunesse" courant jusqu'en août 97, la chaîne ne peut donc pas se défaire simplement d'AB. Et de toute façon la relève n'est pas prête, tant au niveau de la jeunesse que des sitcoms qui participent fortement au quota de création française que TF1 doit remplir chaque année. Mais elle va user de toutes les techniques pour faire perdre sa puissance au groupe AB, avec les changements de programmation et la réduction d'heures d'antenne.

La saison 96-97 démarre sur un léger mieux, l'émission revient tous les après-midi, même le mercredi ! Avec un show de deux heures animé par Dorothée, seule. Les audiences sont moroses, l'émission s'use et la programmation n'est pas à la hauteur. En octobre, c'est au tour d'un autre des piliers de quitter l'animation: Corbier s'en va. Un peu poussé vers la sortie par TF1. Dorothée l'aura conservé à ses côtés longtemps malgré les réticences de la chaîne le trouvant, entre autre, trop vieux. La puissance de l'émission aidait l'animatrice à imposer son acolyte. Ce n'est plus le cas. En effet, même la quotidienne à 17h, de septembre à décembre, le Cyber Club Dorothée, est en difficulté et le retour des Chevaliers du Zodiaque dans cette case fait même un flop. Les programmes changent mais rien n'est réellement nouveau, Dragon Ball Z, l'animé phare, a été arrêté début novembre 96, victime de la consensualisation de la chaîne. En juillet 96 encore, l'association "Les Pieds dans le PAF" interpellait le CSA sur la diffusion d'une scène "d'absorption d'un cyborg" qu'elle juge comme "la scène la plus sadique jamais diffusée dans une émission jeunesse". Décidément, DBZ n'est pas digérée par les adultes. Même Des Millions de Copains est supprimée fin décembre 96.

 

 

En janvier 97, le temps d'antenne se réduit comme une peau de chagrin, les après-midi sont supprimés. Le Club n'officie plus que le mercredi matin et le samedi matin très tôt. Il diffuse en janvier-février les séries AB dont TF1 a arrêté la diffusion en accès prime-time (Les Filles d'à côté, Les Vacances de l'Amour) avant de revenir à une programmation plus classique (Olive et Tom, Nadia...). L'émission souffre d'un problème de positionnement auprès du public. L'arrivée d'un nouveau co- animateur en la personne d'Eric Galliano en novembre dernier, en remplacement de Corbier, et la nouvelle coupe de Dorothée ne changent pas grand-chose. L'émission ne retrouve pas le dynamisme et l'attrait des saisons précédentes. Peu ou plus d'interactivité, et un cruel manque de renouvellement. Plus personne n'a l'air de croire en l'émission.

 

De fait les audiences s'en ressentent fortement, l'émission plafonne autour de 28% de pdm sur l'ensemble des téléspectateurs, la concurrence est toujours aussi forte. Les Minikeums et Donkey Kong attirent 22% du public chacun. Il faut préciser que leurs émissions commencent beaucoup plus tôt que le Club et durent plus longtemps. Salut les Toons sur TF1 démarre à 7h20 et se termine à 9h30 le mercredi. Le Club n'a que les restes. Les enfants se détournent donc de Dorothée, ils sont 67% des 4-14 ans à regarder la concurrence Elle n'en rassemble plus que 33%...

 

C'est en mars 97 que TF1 annonce officiellement qu'elle ne reconduira pas le contrat qui la lie à AB Productions pour les programmes jeunesse. Le Club Dorothée s'éteindra donc le samedi 30 août 97. La presse, Télérama en tête, jubile, persuadée qu'elle a eu raison de l'émission, ce qui est loin d'être vrai. En avril, l'émission commence encore une demi-heure plus tard le mercredi matin. Mais elle a tout de même été diffusée tous les matins pendant les vacances d'hiver et de Pâques qui sont propices aux voyages à nouveau, en Tunisie notamment. L'été, lui, est en demi-teinte, il faut bien le dire. La dernière mission de Sahara envoie l'équipe en Bretagne. Pour l'occasion Corbier ré-intègre l'émission pour que les Héros du Club Dorothée partent la tête haute. L'avant-dernière émission est enregistrée le mardi 26 août 97 et est diffusée le vendredi suivant, le 29 Août. La direction de TF1 ayant refusé une émission en direct, ce que Dorothée souhaitait afin de dire réellement "au revoir" au jeunes et moins jeunes téléspectateurs qui l'ont regardé pendant 10 ou 20 ans. Cette émission est l'occasion de voir et revoir les meilleurs moments du programme. Elle se clôture avec toute une équipe émue aux larmes, au son d'Un jour on se retrouvera. Dorothée rend l'antenne à 11h02. On ne la reverra pas de sitôt à la télévision...

 

A noter que la véritable dernière du Club Dorothée est diffusée le lendemain, à 7h20, sans animateurs, avec 3 épisodes de Pas de Pitié pour Les Croissants et un best-of de l'émission de la veille... La présence d'AB Production sur TF1 subsistera avec Pour Être Libre (sitcom des 2Be3) à l'automne 97, puis avec Les Années Bleues en 98 et Les Vacances de l'Amour jusqu'en 2007.

 

 

Références :

(1) in Il était une fois : Dorothée - TMC - 2010

(2) in La Télé par AB - Planète - 2007

(3) in Le ras le bol des Bébés-Zappeurs, p.45, par Ségolène Royal chez Robert Laffont - Octobre 1989

(4) in Télérama - 2183 - La Fin des Télégobeurs - pages 8 à 18 - Novembre 91

(5) in Jean-Michel Lacroix, Violence et télévision: Autour de l'exemple canadien - Presses Sorbonne Nouvelle - 1997

(6) in Les Années Dorothée - Jacques Pessis - Editions Chroniques - 2009

(7) in Télérama - 2018 - La Télé Piège à Mômes - pages 50 à 57 - Septembre 88

Sources photos : AB, SFC, Dorothée Magazine, Les Années Dorothée (Jacques Pessis - 2008)